15 sept 2015

adaptation de la société au vieillissement, 3 questions à FRANÇOISE VAGNER

 

3 questions à Françoise Vagner

La CGT porte sur ce projet de loi l’appréciation générale qu’il va dans le bon sens et qu’il est un point d’appui pour aller plus loin. Tout d’abord, cela fait 10 ans qu’une loi est attendue sur ce sujet. Ensuite, la volonté de changer le regard de la société sur le vieillissement est un progrès réel. Faut-il rappeler que c’est tout le travail des retraités CGT depuis plus de 10 ans. Les plus de 60 ans représenteront 30% de la population d’ici une quinzaine d’années. Ce phénomène oblige à repenser l’organisation et le développement de la société en fonction de cette donnée.
L’activité bénévole développée par les retraités durant les 25 à 30 ans que va durer la retraite devient essentielle pour la cohésion sociale. Tout autant que le développement et la professionnalisation du salariat accompagnant les personnes en état de fragilité. Toute la société, toute la CGT, est concernée.
Toute une partie de la loi correspond aux revendications de la CGT : la prévention, les droits fondamentaux des retraités et des personnes âgées (au respect de la dignité, à l’information, aux aides adaptées, à la liberté d’aller et venir), la diminution des restes à charge, le soutien à domicile, la professionnalisation des salariés, la reconnaissance des aidants …
Le recours aux assurances privées, prôné par Nicolas Sarkozy dans le précédent mandat présidentiel, est écarté.
Toutefois, elle reste très insuffisante en matière de moyens financiers, qui pourtant ne sont pas si importants, tout le monde s’accorde à le dire. Il s’agit de la place donnée aux retraités et de personnes âgées, un véritable choix de société.
D’autre part, la deuxième partie de la loi, celle qui concerne les maisons de retraite médicalisée, est fortement compromise, alors qu’elle est très attendue du fait de la mise à contribution des personnes âgées et de leur famille.
Enfin, les déclarations de L. Rossignol, notre ministre, concernant la professionnalisation des aides à la personne sont très ambiguës, puisqu’elle annonce que la réforme des services d’aide devra se faire à coût constant. Dans ce cas, quid de la revalorisation de ces métiers ?

Cette position a-t-elle des points d’appui ?
Bien au-delà des organisations syndicales de retraités qui travaillent ensemble sur cette question depuis plus de 2 ans, le CNRPA a émis un avis critique qui se rapproche du nôtre, en particulier sur la faiblesse du financement. Il a tenu, pour la première fois de son existence une conférence de presse sur l’affectation de la CASA, payée par les retraités. Il a lancé une initiative d’interpellation directe des parlementaires par les organisations qui le compose.
Le Conseil économique, social et environnemental a été saisi début 2014 par le gouvernement. Bien au-delà de l’avis sur le projet de loi, il a formulé des recommandations propres à de nouvelles avancées et c’est un véritable point d’appui pour les luttes à venir.
Comment aller plus loin ?
Le projet de loi doit passer par le Sénat et revenir devant l’Assemblée Nationale : il est encore temps de rencontrer les députés et les sénateurs qui vont voter la loi. On peut le faire de façon unitaire : le succès de la manifestation unitaire du 3 juin et de celle du 30 septembre démontre que des possibilités d’actions communes existent.
Il y a une évidence, cette question de l’autonomie concerne autant les actifs que les retraités et les retraités seuls ne parviendront pas à eux seuls à faire bouger les lignes ! Nous sommes les moteurs, bien sûr, puisque les premiers concernés, à nous donc de nous mobiliser également auprès des Unions départementales et fédérations, afin que cette question vienne en débat dans les organisations, au plus près des salariés, comme des retraités.
Ce projet de loi s’inscrit d’ailleurs totalement dans la campagne de reconquête de la Sécurité sociale que la CGT a lancé, puisque nous revendiquons que la perte d’autonomie, quel que soit l’âge soit intégrée dans la Sécurité sociale, comme un des aléas de la vie.