06 oct 2015

6 octobre: Journée nationale des aidants

 

Aujourd'hui, c'est la journée nationale des aidants.

La fédération CGT du Commerce et des Services soutient cette initiative et à cette occasion, nous vous livrons le compte-rendu du débat organisé à la fête de l'humanité en septembre dernier.

Pour en savoir plus sur les aidants: le site Internet de la journée des aidants

L’humain au cœur de la fête de l’humanité

Pour sa première participation à la grande fête populaire qu’est la fête de l’humanité, la fédération avait décidé de mettre en lumière les métiers de l’emploi familial.

Un secteur particulièrement hétérogène partagé entre associations, services publics, entreprise à but lucratif et emploi direct par des particuliers.

Un secteur également traversé par les grands enjeux de l’accueil de la petite enfance et de l’aide à l’autonomie.

Durant les 3 jours passés à LA COURNEUVE, c’est l’ensemble de la direction fédérale qui a relayé la campagne initiée par les branches professionnelles (assistants maternels et salariés du particulier employeur) de l’emploi direct par des particuliers pour la promotion du travail déclaré.

Comme dans le bâtiment ou la restauration, le travail dissimulé constitue un véritable fléau qui vient briser les principes solidaires de notre système de protection sociale et qui réduit à zéro les droits des salariés.

La crise économique provoque un recul constant du nombre d’heures « déclarées » depuis plusieurs trimestres, une première après de longues années de croissance.

Travail déclaré, Tous protégés ! C’est le message que nous avons fait passer aux dizaines de milliers de visiteurs de la fête de l’humanité.

Si le stand de la fédération nous a permis de valoriser les métiers exercés auprès de particuliers, il a aussi été le cadre d’un débat sur les services à la personne co-animé par Clarisse MESLIN et Stéphane FUSTEC.

A cette occasion, nous avions invité la fédération des particuliers employeurs, ainsi que Claudie KULAK, fondatrice de la compagnie des aidants, réseau national d’entraide pour les aidants familiaux et également secrétaire nationale du dispositif MONALISA (Mobilisation nationale contre l’isolement des âgés).

C’est donc sur l’aide à l’autonomie que les échanges ont portés à un moment où cette question est une fois de plus renvoyée à plus tard par les politiques publiques.

C’est Claudie KULAK qui a ouvert le débat en brossant un portrait des aidants familiaux, acteurs invisibles mais pourtant incontournable de l’aide à l’autonomie.

Les proches sont effectivement des figures importantes dans l’aide apportée aux personnes âgées à domicile. Parmi les personnes âgées de 60 ans ou plus vivant à domicile, Huit sur dix sont aidées par leur entourage et six sur dix le sont pour des tâches de la vie quotidienne (source Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques-DREES-2011).

Pourtant le statut des aidants est bien mal encadré comme a pu le rappeler Claudie KULAK en racontant son parcours personnel qui l’a conduit à se mobiliser pour la reconnaissance des aidants familiaux.

Selon le Rapport d’activité 2011 de la CNSA (Caisse Nationale Solidarité Autonomie) 8,3 millions de personnes de 16 ans ou plus aident de façon régulière et à domicile un ou plusieurs de leurs proches pour raison de santé ou d’un handicap.

57 % d’entre eux sont des femmes. Si les membres de la famille sont majoritaires parmi les aidants (conjoint pour 44 %, parents pour 13 % dont la mère pour 12 %, enfants pour 21 % dont la fille pour 14 %), les amis, voisins et autres proches représentent 21 % de l’ensemble.

Parmi elles, 3,9 millions apportent une aide à la vie quotidienne; les autres apportent une aide financière et matérielle ou un soutien moral, mais ne contribuent pas aux tâches de la vie quotidienne.

Selon les situations, l’aidant familial peut être soumis à des difficultés personnelles ou professionnelles engendrées par l’aide apportée qui peut être ressentie comme une charge. C’est d’ailleurs le cas de 2 aidants sur dix qui ressentent une fatigue physique et morale.

Si le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement de la population apporte de timides réponses sur le statut des aidants, instituant notamment un droit au répit, on est loin de la création de mesures qui permettraient à ces derniers d’assumer pleinement leur rôle qui contribue très largement au fonctionnement de l’aide à l’autonomie.

Claudie KULAK a rappelé le manque de prise en compte des difficultés des aidants familiaux au sein des entreprises, même si de bonnes pratiques existent quelquefois.

Il est vrai que le sujet reste un « tabou » dans l’entreprise et que les aidants familiaux ont du mal à expliquer leurs problèmes qui relèvent d’un champ considéré comme intime.

Pourtant, avec une moyenne de 28 jours d’absentéisme par an liés à l’aide apportée, le problème de la conciliation de sa vie professionnelle avec le statut d’aidant mérite une attention importante de la part des entreprises.

Certaines ont créé des livrets d’information, des groupes de parole anonymes, plus rares sont celles qui compensent la perte de revenus liée à l’utilisation des congés spécifiques aux aidants.

Pour la fédération, il s’agît là d’un sujet dont tous nos militants doivent s’emparer en intégrant cette thématique au cœur de la négociation annuelle obligatoire, en revendiquant des dispositifs d’alerte et de soutien par exemple.

C’est aussi une véritable réforme de l’aide à l’autonomie qui pourrait être la clé du » bien vieillir » dans notre pays qui comptera plus de 32 % de personnes âgées de plus de 60 ans à l’horizon 2060.

L’emploi direct par des particuliers, un rempart contre le lucratif ?

Si les gouvernements qui se sont succédés depuis des années ont fait preuve d’une grande inertie sur la question de l’autonomie, tel n’est pas le cas des entreprises privées qui ont vite flairées l’intérêt d’investir un pan de l’économie appelé à connaître une croissance explosive.

C’est sur la qualité des services et sur le dos des droits et de la santé des salariés que repose ce marché.

La relation salarié/employeur dans le cadre de l’emploi direct présente le mérite de respecter la dimension humaine, même si elle mérite souvent un encadrement par des structures mandataires pour accompagner le particulier employeur.

Au cours du débat, Anne-Adélaïde SEGUY, représentante de la fédération des particuliers employeurs, a présenté l’action de la FEPEM au quotidien et a rappelé que l’emploi à domicile constituait une réponse adaptée aux besoins des citoyens.

Le débat s’est conclu par un constat commun à tous les intervenants : il reste beaucoup à dire et beaucoup à faire pour promouvoir l’emploi à domicile et pour répondre aux enjeux sociétaux qui l’entourent… Alors rendez-vous l’année prochaine !